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18 décembre 2014 4 18 /12 /décembre /2014 12:41
Interview de Loïc Blanchetête

Bonjour Loïc Blanchetête.

Vous avez rejoins très récemment l'équipe de l'art de la voie et il est maintenant temps de vous présenter. Pourriez vous vous présenter en quelques mots?

Bonjour, j’ai presque 40 ans, je suis marié et j’ai deux enfants. Professionnellement je suis moniteur en intervention et en self-défense pour le Ministère de la Justice mais aussi praticien en massage du monde et de bien-être, en réflexologie plantaire et en aromathérapie.

Pouvez-vous nous parler de votre pratique ?

Mes premiers pas sur un tatami datent d’il y a 30 ans, à mes début en Judo. Mes parents m’y avait mis car j’étais un enfant trop nerveux, depuis je n’ai pas cessé de pratiquer un art martial. Ensuite j’ai été amené à faire du Tai Chi Chuan, du Qi Gong, de l’Aïkido, du Viet Vo Dao, du Ninjutsu, du Kobudo d’Okinawa… tout cela à différents niveaux.

Vous avez étés amené à créer votre propre style le « Yawara Riki » quelles sont les raisons de cette création ?

La liberté !

La possibilité de faire une technique et de modifier celle-ci en fonction de ses propres capacités ainsi que de l’attaque adverse, tout en étant capable de la faire évoluer en fonction d’une situation toujours changeante, sans aucune restriction mais toujours dans un esprit juste et un mouvement efficace. A partir du moment où la technique est juste, la forme l’est aussi. Aujourd’hui on a trop tendance à imposer la forme (il faut faire la technique comme cela et pas autrement) au détriment de la justesse ; une personne de haute stature ou de très petite stature ne peuvent pas avoir la même forme de corps, c’est impossible, ou alors c’est au détriment du corps lui-même, ce qui amène après des douleurs ou des accidents. D’ailleurs il est à rappeler qu’autrefois les kata (formes imposées) étaient destinés uniquement au débutant afin que ceux-ci puissent acquérir les bases. Après chacun devait trouver sa propre liberté de mouvement.

Pouvoir apprendre l’intégralité des techniques d’une discipline, les formes anciennes et nouvelles ainsi que les formes Omote (endroit, visible) et Ura (revers, caché) de chacune d’entre-elles. Pour expliquer ce principe j’aime prendre une des techniques de base du Judo que l’on appel O Goshi (grande bascule de hanche) et que l’on apprend aux enfants dés l’âge de 6 ans. Technique (lorsqu’elle est dans sa forme Omote) qui peut sembler inoffensive pour un néophyte et qui, pourtant, peut être létale si l’on change la direction de la projection, car elle amène directement à une chute sur les cervicales. Il s’agit là de la forme Ura de cette technique qui, malgré les conséquences qu’elle peut avoir, est plus facile à réaliser que la forme Omote…

Maîtriser différentes disciplines martiales. Autrefois un samouraï était capable de maîtriser 18 disciplines différentes. Aujourd’hui cela est impossible avec les formes actuelles. En effet chaque discipline a ses propres formes, postures et déplacements. Ainsi si vous commencez par apprendre le Karaté et que par la suite vous voulez étudier l’art du sabre, alors il vous faudra tout reprendre à zéro. Tellement de temps perdu… C’est pour cela que j’utilise une forme de corps identique à chaque discipline martiale. Ainsi les formes de corps et les déplacements seront identiques que ce soit pour les coups, les projections et luxations mais aussi pour les techniques de bâton (Tambo, bâton de 50 cm ; Jo, bâton de 128 cm ; Bo, bâton de 180 cm), de chaîne (Manriki Kusari : chaîne qui a la force de 10000) ou autre…

Amener une réponse juste en défense en fonction de la dangerosité des attaques et dans le respect du cadre légal. De nos jours de plus en plus de styles proposent un système de défense efficace et puissant, et travaillent sur des techniques dangereuses pour l’adversaire. Mais je me demande parfois si ces styles de combat se sont déjà posé la question sur les conséquences de leurs défenses, conséquences psychologiques (tuer quelqu’un même en état de légitime défense n’est pas un acte anodin), pénales (riposte immédiate et proportionnée à la dangerosité de l’attaque) et civile (phénomène de bande et de représailles, ou encore avoir ses enfants près de soi lors de l’agression…). Le cadre légal est extrêmement important en France, et ce qui est autorisé dans d’autres pays ne l’est surtout pas en France et très souvent une victime qui se défend trop bien devient l’agresseur aux yeux de la justice.

Interview de Loïc Blanchetête

Pouvez-vous nous présenter en quelques mot les grands principes qui sous tendent votre enseignement ?

Yawara Riki signifie « la souplesse dans la force » d’après un style datant du XVIe siècle. Dans celui-ci je reprends les grands principes du Ju Jutsu traditionnel et du Judo de Maître Kano (pour le différencier du judo d’aujourd’hui). L’objectif principal est de pouvoir effectuer une esquive souple, face à une attaque, tout en apportant une réponse puissante à celle-ci.

  • Le plus important est l’utilisation de la souplesse : souplesse du corps mais aussi souplesse de l’esprit afin de toujours pouvoir s’adapter à la technique adverse.
  • A cela s’ajoute la maîtrise du corps et le contrôle de celui-ci afin d’être en mesure de faire évoluer une défense en cours d’action pour avoir toujours un résultat positif.
  • Contrôler son centre de gravité, son équilibre et sa respiration pour être en mesure de faire « exploser » les techniques de contre.
  • Etudier au moins 2 armes en plus des techniques à mains nues. Le travail des armes permet en effet de prendre une autre conscience de son corps et des distances, mais surtout il permet de connaître les points forts et les points faibles de l’arme. Ce qui facilite ensuite les techniques de défense face à celle-ci.
  • Connaître les principes de levier et de déséquilibre afin de porter des techniques efficacement sans énergie inutile.
  • Apprendre à préserver le corps tout en le maintenant en condition. Un corps blessé ou malade n’a plus les capacités à se défendre efficacement si la situation l’exige. Etre blessé ou malade doit être vécu comme une défaite de la part du pratiquant.

Passons maintenant à quelques questions plus générales, comment définiriez-vous les arts martiaux ?

Comme une éducation physique et mentale dont le but est de nous améliorer. Cette éducation doit passer par l’effort, la maîtrise de soi et le dépassement de soi (endurer et persévérer). Il faut toujours chercher à progresser, être curieux des autres styles pour y puiser des éléments qui peuvent nous aider dans notre pratique. De même il faut connaître nos points faibles et les travailler. Pour ma part c’est ce que j’ai fait. Ma pratique ne me permettait pas d’améliorer certains de mes défauts ou de mes insuffisances, notamment au niveau des jambes, j’ai donc travaillé entre autre le « jeu de la jambe élastique » et le jeu de jambes de l’école naturelle de Jingang-Chan de Shaolin.

Interview de Loïc Blanchetête

Que pensez-vous du monde des arts martiaux aujourd’hui ?

Chacun est trop enclavé dans son style. Comme je l’ai déjà dit il faut être curieux et aller au-delà de son art. Sans cette démarche je me serai limité au Judo tel qu’il est pratiqué aujourd’hui, je n’aurai jamais redécouvert la richesse passée de celui-ci, ni ses possibilités techniques et martiales. C’est en lisant les écrits de Roland Habersetzer puis du regretté Henry Plée que je me suis lancé dans cette Voie. Pourtant ces deux personnes n’ont quasiment plus aucun lien avec le Judo actuel. Il a suffit d’un article dans l’une de ses revues « le Ronin » pour que je me lance corps et âmes dans cette nouvelle Voie. Et ce même si celle-ci est à contre-courant des pratiques actuelles.

De nos jours le seul moyen de retrouver une pratique dite « martiale » est de chercher par soi-même et d’aller au-delà de sa forme, de son style. Et ce même si vous ne recevez jamais le grade que vous espériez. Le plus important n’est pas l’image que l’on a mais ce que l’on est réellement. La Voie des arts martiaux traditionnels est une Voie à suivre seul.

Que pensez-vous de la compétition ?

A la base la compétition permet de tester ses techniques et ses capacités face à différents adversaires. Il faut la voire comme un test qui a pour but de nous faire progresser. Pour cela elle est conseillée à différents stades de la pratique. Malheureusement il y a trop de « dérives » et les pratiquants ne travaillent plus l’ensemble de leurs techniques mais seulement celles qui peuvent les faire gagner en fonction des règles d’arbitrage. Or le combat réel n’a rien d’un jeu, il n’y a ni règles, ni arbitre, et parfois il y a même plusieurs adversaires. Mais ce type de stratégie n’est que rarement enseigné dans les arts martiaux compétitifs car, après tout, leur but est différent. A chacun donc de choisir la Voie dans laquelle il s’engage. Vous pouvez devenir un sportif de haut niveau ou un artiste martial accompli, libre à vous de choisir mais la finalité n’est pas la même (on dit que la seule défaite de Mohamed Ali a eut lieu dans un combat de rue contre une personne qui n’avait jamais boxé) et le temps perdu ne se rattrape jamais.

Merci beaucoup de vous être présenté à nous. Nous attendons avec impatience votre prochain article dans la rubrique piliers martiaux.

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12 décembre 2014 5 12 /12 /décembre /2014 15:46

Avant tout je tiens à signaler que cet article n’engage que moi. Je vais y exposer mon point de vue et je ne tiens à l’imposer à personne. Cet article sera donc partial et je préfère dire d’avance que je ne suis pas un amateur de ce sport loin de là bien que je sois favorable à sa légalisation. Je tiens aussi à souligner le fait que j’ai conscience que cet article est une entorse à la ligne éditoriale de « L’art de la voie » cependant au vu de ce qui circule dans certains médias ces derniers temps je pense qu’il était important de donner son point de vue.

Si certaines personnes me suivent depuis un moment elles savent que je n’apprécie pas le MMA, mon but par cet article est de vous exposer mon point de vue sur cette pratique martiale intéressant de plus en plus de monde mais qui reste pour ainsi dire illégale en France.

MMA et arts martiaux

Ce point est celui qui me gêne le plus dans le MMA. Que signifie MMA ? Mixed Martial Art, autrement dit arts martiaux mélangés. Le problème est selon moi que par ce nom le MMA s’impose aux yeux du grand public comme un art martial. A ce titre il m’est arrivé à plusieurs reprises en parlants d’arts martiaux avec des non-pratiquants que ces derniers m’ont demandé si je pratiquais le MMA alors que j’avais spécifié que je pratiquais bien un art martial. Cela peut paraitre un détail mais de très nombreuses personnes considèrent le MMA comme un art martial car « c’est écrit dedans ».

Hors le MMA n’est pas un art martial. A l’origine on peut dire qu’il ne s’agissait même pas d’un sport puisqu’il ne s’agissait que d’un règlement visant à organiser des compétitions entre pratiquants de diverses pratiques martiales. Le problème est que de ce règlement une discipline est née, le MMA et c’est cette discipline qui me pose problème. En effet elle vient brouiller pour les non-initiés et pour un certain nombre de pratiquants, la distinction fondamentale existant entre arts martiaux tournés vers le combat réel et le développement de soi, et les sports de combats orientés vers la compétition.

A ce titre le nom même de MMA pour les compétitions me semble un non-sens car le but de l’art martial n’est pas la compétition. Ce qui peut sembler être un détail est de mon point de vue d’une importance capitale car il brouille la distinction entre deux notions distinctes.

L’image du MMA

L’image du MMA est un problème épineux qui mérite d’être évoqué. Je tiens avant tout à signaler que je ne crois pas que le MMA soit un sport de sauvages pratiqué dans des garages ou des sous- sols comme tentent de nous le faire penser certains médias. De nos jours et malgré le fait qu’il soit interdit on trouve nombre de clubs pratiquant le MMA en toute sécurité et de manière responsable et ceux qui le pratique sont loin d’être des barbares avides de sang bien au contraire. Dans les clubs on y retrouve le même respect entre les membres et la même discipline que dans n’importe quel dojo.

On pourrait cependant dire que le MMA a donné le bâton pour se faire battre et est en grande partie responsable de sa mauvaise réputation. On pourrait citer le fait que des clubs ouvrent alors que la pratique est interdite mais ce serait de la mauvaise foi car rien ne semble justifier cette interdiction. En revanche le MMA et plus particulièrement l’Ultimate Fighting Championship qui en est le tournoi le plus connu me semble en grande partie responsable de cette mauvaise image. Je ne remets pas en cause les combats qui sont certes violents mais loin d’être exempts de règles, mais plutôt tout ce qui tourne autour et en particulier la scénarisation qui n’est parfois pas sans rappeler celle que l’on retrouve dans le catch. Je précise que je ne dis pas que les combats sont truqués loin de là. Cependant l’un des arguments de vente de l’UFC est ce côté « bad boy » et violent… et cette image rejaillit sur le MMA tout entier.

C’est là que le bât blesse concernant l’assimilation du MMA aux arts martiaux. Beaucoup de personnes étrangères au monde des arts martiaux risquent de reporter l’image de cette pratique sportive aux véritables arts martiaux.

Un concept intéressant… mais une évolution décevante

Le concept du MMA d’origine est simple ; permettre à des pratiquants de différents horizons martiaux de tester leur efficacité martiale dans un cadre de règles minimum. Grâce à cela les affrontements pouvaient être au plus proche de la réalité des combats (bien que n’y étant pas totalement). A mon sens, le MMA aurait dû rester tel qu’il était à cette époque, c’est-à-dire comme étant un simple cadre, aux règles minimalistes permettant aux pratiquants d’arts martiaux de tester les réelles limites de leurs capacités sans réelles contraintes. Il y aurait certes des risques de blessures graves, mais les combats seraient limités aux pratiquants de haut niveau et auraient une utilité encore plus grande.

Je reproche principalement deux choses à l’évolution du MMA d’une part l’introduction de catégorie de poids et le développement de règles de plus en plus nombreuses. Si cela a permis « d’équilibrer » les combats, et de donner un cadre plus adapté à nos sociétés « civilisées », cela a non seulement changé l’enjeu des combats (on n’affronte pas de la même manière une personne d’un gabarit similaire qu’une personne d’un gabarit supérieur) mais a aussi détourné le MMA de son objectif initial. A ce titre le MMA semble dans une moindre mesure suivre la même évolution que le judo, qui, en introduisant les catégories de poids a permis de privilégier la force à la technique.

Mon second reproche est la création d’une discipline sportive MMA visant à préparer les pratiquants à ces compétitions, cela vide encore plus le MMA de son but initial qui était de permettre des combats entre personnes d’horizons martiaux différents.

Malgré tout cela le MMA reste à mon sens le meilleur cadre actuellement disponible pour des affrontements entre des personnes d’horizons martiaux différents. La grande liberté technique laissée aux combattants permet des choses impossibles dans d’autres compétitions martiales.

La « légalisation » du MMA

Malgré le fait que je n’aime pas le MMA, le refus de la légalisation du MMA me semble être une chose incohérente. La plupart des arguments avancés par les détracteurs de la légalisation du MMA comme le fait qu’il soit trop violent ou qu’il n’y a pas de sport où l’on peut frapper l’adversaire au sol sont complètements invalides. Aujourd’hui le MMA n’est pas un sport particulièrement plus violent que la boxe thaï ou même la boxe française. Il existe de plus de nombreuses disciplines ou le combat continue au sol même si dans la plupart des cas il n’y a pas de frappes. Il n’est pas logique d’interdire le MMA alors que d’autres sports de combats violents sont autorisés.

Alors pourquoi ne pas reconnaître le MMA ou même le rendre illégal. Deux explications me semblent plausibles la première est qu’une part des personnes ayant à traiter de la reconnaissance du MMA et de sa légalisation n’ont pas de réelles connaissances du monde des arts martiaux et sports de combats en général et s’arrêtent à ce que montre l’UFC et à cette mauvaise image du MMA. L’autre principale raison semble la volonté de certaines fédérations ne voulant pas autoriser ce nouveau sport à succès de peur de perdre des parts de marché. Certaines de ces fédérations ayant oublié leur rôle initial, vendent aujourd’hui les arts martiaux comme un produit de consommation et tout en combattant la reconnaissance du MMA créent des disciplines tel le Mixed Jujitsu Arts et le Pro Fight Karaté. Dans ces deux cas la principale différence avec le MMA est qu’il n’y a pas de frappes au sol, fer de lance de certaines fédérations pour combattre le MMA.

Je vous invite donc à signer cette pétition en faveur de la reconnaissance du MMA.

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29 octobre 2014 3 29 /10 /octobre /2014 17:38

Parmi les grands noms du taiji de style Chen l’un semble resplendir d’une aura toute particulière et impérissable. Artiste martial renommé pour sa très grande maitrise de l’art martial familial, Chen Fake est surtout connu pour sa grande force morale et le fait d’avoir ouvert l’enseignement du taiji quan du style Chen au grand public.

Chen Fake: biographie

De l’enfance à la maitrise

Des débuts difficiles

Chen Fake est né en 1887 à Chenjiagou dans la province du Henan, village dans lequel était pratiqué le taiji quan de l’école Chen. A cette époque l’enseignement de cet art était restreint aux membres de la famille Chen bien que le grand père de Chen Fake, Chen Chanxing ait accepté pour élève Yang Luchan. De part ce fait l’art martial était transmis de génération en génération et le père de Chen Fake, Chen Yangxi, se devait de faire perdurer l’art martial en l’enseignant à ses enfants. A sa naissance Chen Fake avait deux frères qui périrent durant la jeunesse de ce dernier.

Chen Fake ne fut initialement pas intéressé par l’étude des arts martiaux. Il semble que ce dernier avait une santé faible, notamment des problèmes de digestion, et ne s’adonnait à son entrainement qu’à contre cœur. Il se peut aussi que son faible niveau martial soit lié au fait qu’étant le dernier de sa fratrie il fut beaucoup plus protégé par ses parents. Au fil du temps son faible niveau martial commencera à inquiéter ses parents qui le trouvent paresseux et peu discipliné.

Il semble que ce soit alors qu’il avait 14 ans, ou vers la fin de sa puberté selon d’autres sources, que son intérêt pour les arts martiaux changeât. On trouve principalement deux histoires qui pourraient être à l’origine de ce changement. La première relate que son père aurait dû partir du village pour des raisons professionnelles, et aurait fait appel à Chen Boqu, un cousin de Chen Fake pour le remplacer dans les travaux agricoles. Ce dernier surnommé le taureau en raison de ses grandes capacités martiales aurait fait l’admiration de tous, ce qui aurait suscité une certaine jalousie chez Chen Fake. Une autre théorie serait que durant ce voyage de son père il aurait surpris les conversations des villageois qui voyaient d’un mauvais œil la noble lignée de l’art martial disparaitre à cause d’un piètre pratiquant comme Chen Fake à qui le titre de maitre devait revenir de droit. Il semble que ces deux théories soient fondées et non exclusives l’une de l’autre. Ce qui semble certain c’est qu’à partir de ce jour Chen Fake commença à s’entrainer plus sérieusement allant jusqu’à s’entrainer la nuit pour rattraper son retard. En 1904, alors âgé de 17 ans, Chen Fake défia son cousin et sortit victorieux à trois reprises. On dit que Chen Boqu l’accusa d’utiliser un secret de famille et que Chen Fake lui aurait répondu : « C’est le travail. ». Quelques temps plus tard il fut reconnu comme un maître de la 17ème génération par son père.

L’émergence du maître

Peu à peu la réputation d’artiste martial de renom de Chen Fake se répandit et il eu plusieurs occasions de prouver sa valeur martiale. On retrouve principalement deux anecdotes à ce sujet. La première remonte à 1907. Le maitre de taiji quan aurait participé à un tournoi d’arts martiaux à Wenxian et aurait remporté tous les combats. Un seigneur de guerre locale du nom de Han Fuiu lui aurait alors sommé d’enseigner l’art de la famille Chen à ses troupes. Face au refus de Chen Fake, Han Fuiu ordonna à l’un de ses soldat de le tuer à l’aide d’une lance mais ce dernier fut maitrisé sans peine par le maitre d’art martiaux. Une autre anecdote aurait eu lieu en 1914. A cette époque un petit gang local nommé « la société des piques rouges » semait le chaos dans la région et se vantait d’être invulnérables. Chen Fake affronta leur chef et l’aurait transpercé à l’aide d’une simple perche en bois mettant ainsi fin aux actes du gang.

Il faudra cependant attendre 1928 pour que la renommée de Chen Fake atteigne son apogée. Lors de cette année l’institut des arts martiaux de Nanjing fut fondé à Pékin et l’on invita Chen Fake à y enseigner. A ce sujet il semblerait que l’on ait d’abord fait appel à Chen Zhaopei, neveu et élève de Chen Fake, qui aurait lui conseillé son oncle. Quoiqu’il en soit Chen Fake se rendit à Pékin et dut, pour pouvoir enseigner son art, accepter 17 jours durant, les duels lui étant proposés. On dit qu’il ne perdit aucun combat durant ces 17 jours et mieux encore qu’il ne blessa aucun de ses adversaires. Ceci assura une grande reconnaissance du taiji quan de la famille Chen, et Chen Fake ne tarda pas à être surnommé « Taiji yi ren » ou le meilleur maître de taiji.

Chen Fake: biographie

L’apogée du maître

L’ouverture de l’enseignement du Taiji Chen

Le principal apport de Chen Fake, au-delà de la reconnaissance du taiji Chen qu’il aura permis, est qu’il a ouvert l’enseignement de l’art martial familial au grand public. Avant lui cet art n’était réservé qu’aux membres de la famille Chen qui habitaient dans le village de Chenjiagou ce qui représentait finalement un petit nombre de personnes. Il semble cependant que l’ouverture de l’enseignement ne se soit pas fait d’un seul coup. Dans un premier temps le maître ne pris que quelques élèves triés sur le volet ainsi que des membres de la famille Chen l’ayant suivi à Pékin. Puis face au grand nombre de demandes qui affluaient, il ouvrit son enseignement à un plus large public. Il aura alors nombre d’élèves d’influence dont Shu U Sheng le président de l’Istitut de Wushu de Pékin et Yang Xiao Lou un membre éminent de la troupe de l’opéra de Pékin.

L’influence grandissante de l’art et les demandes de pratiquants ne s’arrêtèrent pas là si bien que Chen Fake dut, suite aux demandes insistantes de ses élèves ouvrir le Centre de Wushu Zhongzhou dans le district Xuanwumen à Beijing. Durant son enseignement il aura de nombreux élèves dont certains deviendront des maîtres reconnus comme Liu Rui-Zhi, Tang Hao, Li Jing-Wu, Gu Liu-Xin et Feng Zhi-Qiang.

L’un des apports principaux qu’aura le maitre sur le plan technique aurait été la création de la forme Xinjia qui ouvre une nouvelle voie pour le style Chen. Cette forme composée de mouvements plus courts et rapides donne une grande importance au travail des torsions et rotations des hanches épaules et poignets. Cependant la paternité de cette forme semble incertaine et certains affirment qu’il s’agirait en fait d’une création des élèves de Chen Fake.

Un maitre exemplaire

Si de nombreux maîtres d’arts martiaux ont marqué leur temps par leur grande valeur morale, Chen Fake lui semble avoir laissé une trace encore plus marquante. Cet homme semble avoir très vite été reconnu pour son excellence morale et son grand sens du respect qui lui ont permis de se faire un grand nombre d’amis dans le monde des arts martiaux dès son arrivée à Beijing. L’un de ses élèves du nom de Hong Junsheng rapporte qu’un jour un lutteur chinois du nom de Shen voulu comparer ses techniques avec celle du maitre de taiji. Maître Chen Fake qui savait que les lutteurs avaient besoin de saisir leur adversaire pour utiliser une technique se laissa saisir par le lutteur au début de l’échange. Quand son élève le questionna sur la raison qui l’avait poussé à se laisser saisir il aurait répondu : « Pourquoi voulais- tu que je le jette au loin, sais-tu déjà combien il est difficile d’arriver au niveau de maître Shen ? Toi tu ne voulais pas que je te projette au loin devant tout le monde, pourquoi voudrais-tu faire ce que tu ne voudrais pas que l’on te fasse ? De plus, avant d’agir nous devrions toujours avoir en tête la réputation des personnes que l’on a en face, pour ne pas détruire inutilement tout ce qui a été si dur à construire. ».

On dit aussi qu’il respectait profondément l’ensemble des autres arts martiaux et que selon lui, toutes les écoles de wushu étaient bonnes dès lors qu’elles avaient survécu à l’épreuve du temps. Son élève rapporte encore que lorsque maître Chen Fake voyait des personnes pratiquer le taiji dans des parcs et qu’on lui demandait son avis il répondait soit que leur taiji était bon, soit qu’il y avait du kungfu, soit qu’il ne comprenait pas leur style. Il fallait comprendre que soit leur pratique était bonne, soit les pratiquants n’avait pas de réelles compétences mais faisaient de gros efforts, soit les pratiquants n’étaient pas de bon niveau et ne faisaient pas d’efforts. Il ne s’agit là que d’un exemple parmi tant d’autres illustrant la grande valeur morale de l’homme qui sera surnommé « Quan Shen » ou le saint des arts martiaux.

Maître Chen Fake s’éteindra en 1951 à l’âge de 71 ans et restera dans les mémoires comme l’un des plus grands maîtres du Taiji quan du style Chen.

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8 juillet 2013 1 08 /07 /juillet /2013 13:25

Avant toute chose il convient de préciser que le sujet de cet article ne concernera pas la classification des pratiques martiales entre les trois grands groupes que sont les arts martiaux, les sports de combats et la self défense mais ne concernera que la classification des arts martiaux.

Pourquoi classifier les arts martiaux ? Bien que beaucoup trouvent ceci inutile, la classification permet avant tout de faire un état des lieux, de comprendre les grands ensembles, les grands principes qui sous- tendent l’ensemble du monde des arts martiaux. Bien qu’inutile d’un point de vue pratique, une telle distinction est importante dès le moment où l’on cherche à aborder les arts martiaux d’un point de vue théorique et que l’on cherche à avoir une vue d’ensemble. De tels soucis de classifications existent depuis un moment et on la retrouve à l’échelle d’un pays et notamment par le biais des arts martiaux chinois avec par exemple la distinction entre les boxes du nord et celles du sud, ou entre le style interne et le style externe. Cependant existe-t-il une tel suma divisio* qui sous-tendrait l’ensemble du monde des arts martiaux ?

A mon sens il existerait 4 solutions qui pourraient paraitre évidentes mais chacune ayant ses limites.

La classification des arts martiaux : utopie ou réalité ?

La distinction d’origine :

Il s’agit de la distinction la plus commune, et bien souvent, elle est faite sans même que l’on s’en rende compte presque inconsciemment. Cette distinction qui semble la plus logique et la plus naturelle repose sur « l’origine » géographique d’un art martial pour déterminer une division claire entre les arts martiaux. On se retrouve donc avec une multitude d’ensembles dont les plus communément admis sont les arts martiaux chinois, les arts martiaux japonais, les arts martiaux indiens, les arts martiaux coréens et les arts martiaux du sud-est Asiatique. On y ajoute bien souvent les arts martiaux d’Okinawa. On retrouve une telle classification dans de nombreux livres et encyclopédies traitant de l’ensemble des arts martiaux ainsi que sur de nombreux sites généralistes et forums.

Bien que cette vision des choses soit assez simple à mettre en œuvre, elle a tendance à offrir une vision assez figée des arts martiaux qui ne prend pas en compte que ces derniers sont souvent issus d’une multitude d’origines parfois transfrontalières. Un bon exemple de ceci est le taekwondo rangé dans la catégorie des arts martiaux coréens. Si ce dernier a effectivement été créé en Corée, force est de constater que son origine quasi-exclusive est le karaté, art qui n’est en rien coréen. Dès lors, peut-on parler d’un art coréen ? De même, il semble que le karaté ait été fortement influencé par les arts martiaux du sud de la Chine, peut-on alors réellement parler d’un art martial d’Okinawa ? Quand on regarde de plus près l’histoire des arts martiaux, on remarque qu’à plusieurs occasions ils sont le produit d’un métissage culturel et martial. Car la société qui les a vu naître est le produit de ce métissage, qu’il soit imposé par la conquête militaire ou voulu. Ainsi il n’est pas étrange de voir de grandes similarités entre la boxe Thaï et le kun khmer de Birmanie. De même, il n’est pas étrange que le taekwondo soit très proche du karaté puisque que la pratique de cet art martial fut imposée par le Japon lors de l’invasion de la Corée.

De même, cela pose le problème épineux de disciplines récemment créées. Avec l’ouverture des arts martiaux au monde de nombreux pratiquants sont amenés à créer leur propre voie en se basant sur leur propre pratique. Or, l’art martial ou du moins le style qu’ils vont créer doit-il être considéré comme relevant de la catégorie du style d’origine, ou aller dans une autre catégorie ? Prenons l’exemple du Ju no michi créé par Igor Correa Luna dans les années 1970. Cet art martial fut créé pour revenir aux origines martiales du judo et s’éloigner de la forme compétitive que prenait ce dernier. Doit-on, alors que l’art martial reprend des techniques japonaises, des noms japonais, des principes issus d’un art martial japonais etc… parler d’un art martial occidental ? Cette question reste ouverte mais démontre bien que cette division, bien qu’intéressante et simple d’utilisation, risque de nous donner une vision trop limitée du monde des arts martiaux.

La distinction interne/externe :

C’est une distinction classique au niveau des arts martiaux chinois mais que l’on retrouve régulièrement à l’ensemble plus large que sont les arts martiaux. Le problème de cette distinction est qu’elle est assez obscure pour les occidentaux. En effet on trouve beaucoup de nuances concernant cette distinction. La raison la plus reconnue de cette distinction aurait pour origine l’influence religieuse, point de vue partagé par la majorité de la doctrine. Les arts martiaux internes seraient influencés par le taoïsme issu de la Chine d’où l’aspect interne de l’art martial (interne à la Chine), à l’opposé, on trouve les arts martiaux influencés par le bouddhisme, pour la plupart influencés par le temple de Shaolin qui seraient des arts martiaux externes (car le bouddhisme n’est pas né en Chine mais provient d’Inde). Si l’on ne prend en compte que cet aspect de la distinction cela pose un problème. En effet contrairement aux religions occidentales qui sont fondamentalement très différentes de ces religions asiatiques à mi-chemin entre notre conception de la religion et de la philosophie. Taoïsme, bouddhisme et confucianismes ne sont pas restés des points de vue monoblocs et étanches. Ces trois courants se sont entrecroisés et ont bien souvent mêlés leurs concepts. On retrouve ceci dans la pratique martiale, par exemple, on retrouve des exercices de Qigong traditionnellement associés au courant interne dans le temple de Shaolin. De plus une telle distinction ne serait pas vraiment applicable à l’ensemble des arts martiaux.

Un autre point de vue concernant cette distinction qui n’est pas toujours exclusive du premier point de vue, serait une distinction entre des pratiques dures et faisant fortement appel à la force musculaire (les arts martiaux externes) et les pratiques plus souples faisant plus appel à l’utilisation de l’énergie interne (les arts martiaux internes). Cette distinction est très intéressante mais présente une faiblesse de taille. Il est en effet impossible de trouver des arts martiaux qui soient purement internes ou externes. Caricaturalement, un art martial qui ne serait qu’interne ne devrait pour ainsi dire pas faire appel à l’utilisation de force musculaire et à l’utilisation de la force contre la force, or, que ce soit par le travail postural ou par de longues répétitions, le pratiquant bien qu’il apprenne à se détendre développera toujours sa force musculaire bien qu’il apprenne à utiliser le moins de force possible. De même on ne trouve pas d’arts martiaux ou l’on ne fait qu’utiliser la force musculaire pour contrer une force musculaire inverse cela relèverait pour ainsi dire d’un simple duel de force et l’entrainement risquerait de se limiter à un simple entrainement musculaire agrémenté de quelques techniques de musculation. On remarque que chaque art martial comprend une part d’interne en lui ainsi qu’une part d’externe. Cependant l’importance et plus encore l’ordre dans lequel ses parts sont étudiées par le pratiquant sont différents. Bien souvent dans les arts que l’on pourrait qualifier d’internes comme le taiji, le bagua zhang, le Yi quan mais aussi l’aïkido, on met l’accent sur un travail énergétique, de non-opposition, ce qui n’empêche pas ces arts de comprendre des techniques que l’on pourrait qualifier de dures. A l’inverse, des arts martiaux comme le karaté que l’on pourrait qualifier de durs de prime abord, deviennent au fil de leur pratique beaucoup plus subtils et le pratiquant apprend peu à peu à ne plus s’opposer à l’adversaire et à faire de moins en moins appel à la force physique pure. Plus qu’une distinction stricto sensu, l’opposition interne/externe relèverait plus d’un échelonnage concernant la part d’interne et d’externe que comprendraient les différents arts martiaux.

La distinction moderne/traditionnelle :

Il s’agit cette fois d’une distinction assez récente et pourtant encore une fois incertaine car on trouve plusieurs manières de l’interpréter.

D’un premier point de vue on peut la considérer d’un point de vue purement historique. Les arts martiaux traditionnels seraient les arts martiaux créés avant une certaine époque, une certaine année… Il est cependant difficile de déterminer une date qui satisferait tous les arts martiaux car selon les pays, on trouve différents évènements ayant fortement influencés ses derniers. Concernant les arts martiaux japonais, on trouve trois grandes périodes. La guerre de Boshin et l’avènement de l’ère Meiji qui marqua l’avènement du Japon à l’ère moderne et qui porta un coup très rude sur les arts martiaux. La création du judo par Jigoro Kano qui contribua à adapter la pratique martiale à l’occidentalisation du monde et permis le développement d’arts martiaux tournés vers un aspect plus sportif. La troisième date est la fin de la seconde guerre mondiale qui marqua la diffusion de ses arts martiaux au reste du monde. Pour les arts martiaux chinois la période charnière est sans conteste la révolution culturelle qui après avoir tenté de faire disparaitre les arts martiaux nationaux les a fait se développer vers la compétition. Ce ne sont là que deux exemples qui démontrent plusieurs choses. La première est que bien souvent cette période se situe entre la fin du XIXème siècle et jusqu’à la première moitié du XXème, à ce titre on pourrait rajouter l’invasion de la Corée par la Japon (jusque 1945), le protectorat français sur le Cambodge (1863-1953). Le second point que soulève cette distinction est qu’il n’y a pas de moment précis mais il s’agit le plus souvent d’une transition politique entrainant une occidentalisation du pays. Le troisième point est que bien que cette distinction ait un certain intérêt historique, ce dernier est assez limité d’un point de vue technique.

Une autre manière d’aborder la distinction entre arts martiaux traditionnels et modernes revient non pas à aborder les choses d’un point de vue historique mais plutôt du point de vue de la pratique. On distinguerait donc d’un côté les arts martiaux pratiqués de manière traditionnelle et de l’autre ceux pratiqués de manière moderne. C’est sur ce point que le point de vue purement historique nous aide. On remarque que ce sont durant ces périodes que la distinction s’est peu à peu opérée d’un côté on trouve les arts martiaux ayant gardé leurs principes, leur corpus technique etc… et de l’autre ceux qui ont adapté leur pratique au monde occidental notamment en introduisant ou du moins en exacerbant la notion de compétition. C’est ce point qui distingue souvent les arts martiaux modernes et les arts martiaux traditionnels, d’un côté on trouve les arts martiaux traditionnels ou la notion de compétition est exclue et de l’autre les arts martiaux modernes ou la compétition est importante et parfois un but en soi. Ainsi une création récente si elle n’a pas pour objectif la compétition pourra être considérée comme un art martial traditionnel. Le problème de cette distinction est qu’elle accepte le fait que des arts martiaux puissent comprendre une pratique compétitive et fragilise dangereusement la barrière fondamentale existant et l’art martial et le sport de combat (cf : les risques du développement sportif des arts martiaux).

La distinction technique :

Il s’agit de la distinction la moins commune car certainement la moins applicable au monde des arts martiaux. Il s’agit de distinguer les boxes des luttes. Cette distinction vraisemblablement issue du milieu sportif distingue d’un côté les pratiques privilégiant les techniques de percussion et de l’autre celles privilégiant les techniques de projections et d’immobilisations. Cette distinction bien qu’intéressante d’un point de vue sportif (encore que des pratiques comme le MMA et le Sanda remettent ceci en cause) n’est pas applicable telle qu’elle au monde des arts martiaux car on retrouve des techniques de lutte et de boxe dans chaque art martial. On remarque cependant qu’à force de développement sportif, des pratiques comme le taekwondo, le karaté et le judo tendent à ne devenir que boxe ou que lutte. Certains ajoutent à ces deux grands blocs un troisième qui serait les pratiques de self défense (à ne pas confondre avec la self défense qui serait un bloc qui lui se distingue des arts martiaux et sports de combat). Ces pratiques de self défense comprendraient les deux types de pratiques mais encore une fois il s’agit d’un coup d’épée dans l’eau car tous les arts martiaux entreraient dans ce bloc.

A l’instar de la distinction entre interne et externe, cette distinction technique relèverait plus d’une forme d’évaluation de l’importance donnée à tel ou tel type de technique.

*division la plus élevée

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25 avril 2013 4 25 /04 /avril /2013 17:37

Avant toute chose je tiens à signaler que cet article n'aurait pas été possible sans le dernier apéro fight organisé par le site masterfight (http://www.masterfight.net/) au cours duquel le gérant de ce site à permis aux participants de constater cette baisse d’intérêt.

De moins en moins de personnes s’intéressent aux arts martiaux et aux pratiques martiales de manière générale. A l’appui, voici un graphique démontrant l’évolution de la recherche du terme « arts martiaux » sur google depuis janvier 2004* en France.

On constate une baisse alarmante de l’intérêt porté aux arts martiaux. La recherche du terme suit en effet une régression (-78,6%) constante durant toute la période. On remarque de plus que les pics d’activité qui correspondent au mois de septembre de chaque année, sont de moins en moins importants au fil des années, preuve que l’art martial intéresse de moins en moins le grand public. On pourrait penser que cette dynamique n’est pas propre à l’art martial mais à l’ensemble du monde du sport, or, force est de constater que ce n’est pas le cas. En effet, sur cette même période, on constate que les termes handball, basket, ou tennis ne subissent pas ou très peu de diminution. Le terme foot, lui, a vu une augmentation de plus de 50% sur cette même période. Les arts martiaux et les sports de combats semblent donc en crise et intéressent de moins en moins le public.

Cependant il ne faut pas se limiter à la seule recherche du terme art martial pour bien comprendre la baisse d’intérêt que suscite le monde des arts martiaux et sports de combats.

Analyse de la situation
Bien que ce chiffre de -78,6% de recherche du terme « arts martiaux » sur google ait de quoi inquiéter, la situation bien que très préoccupante n’est pas désespérée pour tous les arts martiaux. Voici dans un premier temps un graphique comparant la recherche des termes « judo » et « arts martiaux ».

Bien qu’il y ait une baisse dans la recherche du terme « judo » de l’ordre de 15,4% qui contraste fortement avec la baisse de recherche du terme « arts martiaux », la baisse est vérifiable au niveau des arts martiaux et sports de combats en général.

Voici un autre graphique reprenant les 5 termes d’arts martiaux ou de sports de combats les plus recherchés sur la période.

On remarque tout d’abord que le judo et la boxe restent tout de même fermement ancrés dans l’intérêt du public et sont bien plus recherchés que les autres termes. Ainsi la « crise de la boxe » avancée par certain n’est peut-être pas si importante que cela, notamment vis-à-vis d’autres arts martiaux. Hormis ces deux disciplines, on constate que le grand public s’intéresse relativement peu et de moins en moins aux autres arts martiaux.

Il convient maintenant d’analyser cette baisse d’intérêt concernant les arts martiaux à proprement parler. Pour cela on prendra l’analyse de l’évolution des termes suivants : judo, karaté, kung fu, aïkido, kendo et taekwondo. Parmi les arts martiaux, ces derniers étaient les plus recherchés à cette époque et avaient tous en Janvier 2004 un score supérieur à 10 (le maximal de recherche, 100, étant atteint en septembre 2012 par le judo). On aurait pu penser que sur cette période des termes comme jujutsu (ainsi que toutes les orthographes courantes), taiji, wushu ou kravmaga se soient ne serait- ce que légèrement imposés, mais aucun de ces derniers ne dépassera le score de 10 sur cette période à l’exception du jujutsu en septembre 2004.

Vers la fin des arts martiaux?

On se retrouve ainsi avec une baisse générale de l’intérêt pour les arts martiaux d’environ 47,25% sur un peu plus de 8 ans. Cette baisse se vérifie aussi dans les termes évoqués plus hauts comme taichi (-35%) et le jujutsu (-32%). La recherche d’autres noms d’arts martiaux comme le kempo (-78,4%) ont fait une chute vertigineuse.

Il est donc certain que les arts martiaux intéressent de moins en moins le grand public.

L’exception problématique

Il ne faut cependant pas penser que tout ce qui relève de la pratique martiale baisse sur tous les fronts. En effet il y a un terme particulier dont la recherche a augmenté de 18,8% et ce terme est MMA (pour ce dernier un filtre limitatif au milieu du sport à bien évidemment été mis en place pour éviter toute interférence avec une assurance du même nom). Le MMA semble donc intéresser de plus en plus l’opinion publique ce qui est une bonne chose pour cette pratique mais problématique pour le milieu des arts martiaux. En effet, ce terme en Avril 2008 est 8 fois plus recherché en France que le terme art martial.

En vertu de son nom et du fait qu’il tende peu à peu à supplanter l’ensemble des autres termes recherchés (seul le terme judo l’est encore plus mais peu.), il viendra bientôt un temps ou le MMA sera plus recherché que l’ensemble des autres arts martiaux et deviendra pour le grand public une norme de référence en ce qui concerne les arts martiaux. En effet, ce dernier mal informé et voyant le terme Martial Art, ira par conséquent aligner cette pratique au rang d’art martial à part entière, mais de plus il y a de fortes chances que ce soit ce dernier qui déterminera la vision qu’il aura des arts martiaux. Hors l’image que donne le MMA –et plus particulièrement la médiatisation de cette pratique et de l’UFC- risque d’avoir pour conséquence une dévaluation de l’image des arts martiaux et à long terme, portera inévitablement préjudice aux arts martiaux.

En effet les personnes souhaitant se mettre à un art martial ne pratiqueront que l’art martial dont elles ont connaissance et s’y mettront pour les raisons qu’elles auront développées du fait des connaissances qu’elles ont acquises. Hors si les arts martiaux suscitent de moins en moins d’intérêt et que le MMA en suscite de plus en plus, le risque est que cette pratique vienne remplacer les arts martiaux. De plus, une telle situation risque de devoir laisser le choix à certaines pratiques ; entre se tourner vers la compétition et vers une application en MMA ou sombrer dans l’oubli, ou du moins disparaitre de la scène principale des arts martiaux. A ce titre, on remarque que les grandes fédérations semblent avoir fait le choix de l’adaptation avec la création de pratique telles le profight karaté ou le fighting système. Cependant ce n’est pas la première fois que de tels groupements sacrifient les arts martiaux pour le profit.

Cependant face à un tel constat on est en droit de se demander ce qu’il restera des arts martiaux dans 10 ans.

*sur les graphiques suivant les nombres donnés seront donnés sur 100. La valeur 100- ou valeur étalon- sera celle du terme le plus recherché sur la période allant de Janvier 2004 à Avril 2013 pour la France. Les graphiques ont étés obtenus via Google tendances.

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15 avril 2013 1 15 /04 /avril /2013 18:57

L’art martial est une chose difficile à définir clairement et ce pour deux raisons, la première est qu’une définition purement étymologique bien qu’intéressante est tronquée du fait que le terme art martial est une invention relativement récente. L’autre point problématique  est que les arts martiaux ont évolué tout au long de leur histoire. Certains sont d’origine purement militaire et n’avaient à l’origine que peu ou pas de principes moraux puis se sont peu à peu dotés d’une philosophie. On peut à ce titre vraisemblablement citer bon nombre de kenjutsu antérieurs au XVIème siècle apparus mais aussi vraisemblablement certaines techniques d’origine paysanne comme le kobudo d’Okinawa. D’autres arts, eux, semblent avoir dès leur origine été liés à une certaine philosophie et à une certaine volonté de développement de l’individu et l’on retrouve souvent dans ses arts des liens avec une religion comme le bouddhisme ou le taoïsme. A ce titre l’un des meilleurs exemples est le hung gar, ainsi que bon nombre d’arts prétendant descendre de Shaolin. Cependant certains de ses arts martiaux se sont développés sans avoir de liens particuliers avec la religion ou un culte particulier le meilleur exemple restant sans conteste le judo.

 

Malgré cette difficulté de définition on peut retenir d’une manière générale que les arts martiaux sont des pratiques de combats codifiés intégrant des principes philosophiques. Cela implique donc que le combat est au centre de la pratique martiale. Il est donc logique que bon nombre de pratiquants se posent la question à un moment ou à un autre de l’efficacité de leur art martial et des arts martiaux en général. Cependant bien que cette question ait une importance certaine elle pose problème dès lors qu’elle devient non pas une phase de questionnement importante dans la vie du pratiquant, mais la principale question et un point d’orientation des arts martiaux.

 

http://img.over-blog.com/472x558/0/38/57/25/divers-03/aikido/ueshiba-morihei/Ueshiba-Morihei-006.jpgLa question de l’efficacité de l’art martial, une question à la prédominance légitime ?

Quand on parle de l’efficacité des arts martiaux, on parle de la capacité qu’à l’art martial à permettre au pratiquant de faire face à une agression. L’efficacité d’un art martial ne se prouve pas dans une compétition ou lors d’un échange durant un entraînement ou un stage, mais bien lors d’une agression face à un ou plusieurs adversaires déterminés à porter atteinte à votre intégrité physique voire à votre vie. On peut d’ailleurs rejeter de manière assez rapide la détermination de l’efficacité d’un art martial par la compétition du fait de deux points. Premièrement, bien que l’on puisse penser que la compétition avec contact  se rapproche d’une situation de combat, ce n’est pas le cas. En effet lors d’une compétition ou d’un combat d’entraînement, il y a une présence de règles même minimale, les combats sont de plus prévus à l’avance et il n’y a pas d’effet de surprise que l’on retrouve dans une agression. Lors d’une compétition les combats sont équilibrés et se font en un contre un, sans arme, et le plus souvent de même catégorie de poids et avec des protections. Même les compétitions de Lethwei, de MMA ou de boxe thaï ; réputés pour leur violence sont très éloignés de la réalité d’une agression. Un autre point qui permet de détacher l’idée d’efficacité des arts martiaux de la compétition est que cette dernière ne relève en principe pas des arts martiaux mais des sports de combats principalement pour la raison citée précédemment. (Pour plus d’informations sur ce sujet se reporter à l’article sur le lien suivant : Les risques du développement sportif des arts martiaux. )

 

La question de l’efficacité des arts martiaux est la question la plus récurrente que ce soit sur les forums de discussion, les articles de magazines et de sites, les discussions entre pratiquants. Elle est une question que la majorité des pratiquants se posent  instinctivement tant face à une technique qu’à un nouvel art auquel ils sont confrontés. L’importance de la question de l’efficacité est telle que dès lors qu’un nouvel art martial apparaît, ou que l’on redécouvre un nouvel art martial, les premières questions se poseront généralement sur le plan de l’efficacité. La question de l’efficacité doit cependant être abordée sur deux points ; au niveau  du pratiquant ou elle est un excellent moyen de progresser, et au niveau de l’art martial.

 

Cette question de l’efficacité est fondamentale dans la pratique des arts martiaux, car s’il ne se pose pas la question de l’efficacité, le pratiquant risque de mal exécuter la technique, de ne pas en comprendre le sens martial quand celui-ci n’est pas donné directement comme dans le cas de l’étude d’un kata ou encore d’améliorer tel ou tel point de sa pratique martiale pour pouvoir progresser. Ainsi une recherche d’efficacité est très importante au niveau de la technique, de l’enchainement des techniques d’un même art martial ou dans l’amélioration de sa condition physique. En ce sens, se poser des questions sur sa propre efficacité semble une bonne chose car elle permet au pratiquant de progresser dans sa voie. Le rôle joué par le partenaire est ici primordial car s’il se laisse trop faire le pratiquant risque fort de ne pas se poser de question sur son efficacité. A l’inverse un partenaire qui bloquerait en sachant pertinemment ce que fera le pratiquant ne lui permettra pas de progresser et le fera se questionner des questions sur son efficacité alors qu’il n’y a pas forcément lieu de le faire. Cette question du rôle du partenaire est cependant un autre débat qui nécessiterait notamment de traiter de l’adaptation au niveau du pratiquant.  


La question de l’efficacité est cependant beaucoup plus problématique dès lors que l’on raisonne au niveau de l’art martial et non plus du pratiquant. En effet bien qu’il puisse être intéressant de se poser des questions sur l’efficacité de tel ou tel art, cela revient bien souvent à dire que tel art est plus efficace que tel autre. Or, si l’efficacité devient le facteur fondamental dans l’étude d’un art martial, cela pourrait entrainer un dénigrement de l’étude des différentes d’écoles d’armes telles le kenjutsu, l’haidong gumdo coréen ou le krabi krabong thaïlandais qui ne permettent en principe pas de faire face à une agression dans notre société contemporaine. Or, il s’agit bien d’arts martiaux à part entière même si leur efficacité semble avoir été grandement diminuée par l’interdiction du port d’arme.

 

Un autre risque concernant l’importance donnée à la question de l’efficacité au niveau de l’art martial est que certains pratiquants pourront être tentés de modifier leur pratique parfois de manière relativement importante. Ainsi des pratiquants seront tentés quand viendra leur tour d’enseigner de modifier parfois de manière conséquente ce qu’ils ont appris. Il conviendra alors de distinguer deux cas. Le premier cas est celui ou le nouveau professeur créera son propre art martial, son propre courant, son propre style. Dans ce cas la recherche d’efficacité ne pose pas trop de problème car elle ne porte pas atteinte à l’art martial d’origine. Il s’agit même d’une bonne chose car elle permet une évolution de la pratique. En revanche, si le professeur continue de se revendiquer de l’art en question et par un souci  d’efficacité modifie son art, cela posera un certain nombre de problèmes. Ces modifications seront en effet assimilées à la discipline de base et pourront parfois lui porter des atteintes insoupçonnées. Ainsi pour une volonté d’efficacité le nouveau professeur pourra par exemple : retarder, limiter ou abandonner la pratique des armes, abandonner certaines techniques qu’il juge inefficace, l’abandon de certains exercices basiques qu’il juge inutile… Mais la recherche d’efficacité pourra aussi passer par d’autres moyens plus inattendus comme l’introduction de combats avec ou sans protections, l’abandon de tenues « traditionnelles » etc. Dans chacun de ces cas, l’art martial s’en trouvera peut-être grandi du point du point de vue de l’efficacité, mais il lui sera porté une atteinte et il s’en retrouvera changé parfois d’une manière relativement importante.

 

 

La question de l’efficacité semble donc- bien qu’elle soit d’une grande importance pour le pratiquant et pour la création de nouvelles pratiques- poser de gros problèmes lorsque l’on se place du point de vue d’un art martial existant. De plus, cette question qui, bien souvent est considérée comme fondamentale, ne prend pas en compte bon nombre de points importants qui bien trop souvent sont oubliés. En effet, en ne considérant que l’efficacité d’un art martial, on oublie bien souvent les aspects philosophiques qui s’y trouvent. Nombre de pratiquants qui ne s’intéressent que principalement  à la question de l’efficacité ne s’intéressent pas à l’histoire de leur art, or, cette dernière a considérablement influencé l’évolution des arts martiaux et permet de comprendre l’utilité de certaines techniques pouvant sembler bien inutiles. L’exemple le plus connu est celui des coups de pieds sautés qui semblent avoir à l’origine pour utilité de désarçonner un cavalier, or,  en ne les considérant que du point de vue de l’efficacité on peut bien vite les considérer comme inutiles et ne pas les étudier. Ils font pourtant partie de l’art martial.

 

ShaolinBaiyi.JPG

 

 

L’art martial au-delà de l’efficacité

Si ne considérer que le coté efficace des arts martiaux ne permet pas d’appréhender les arts martiaux dans leur totalité et peut entrainer des risques de déviance dans la pratique, il convient peut être de trouver une autre perception des arts martiaux qui permettrait de les percevoir dans leur ensemble. Au-delà de l’aspect efficace des arts martiaux dans un combat réel, ces derniers sont aussi constitués de tout un ensemble de composants qui leur donne une personnalité propre. L’une de ses composantes sont les rituels tournant autour de la pratique martiale. Ces rituels vont du plus sobre au plus complexe. Le rituel le plus connu et présent dans tous les arts martiaux est le salut qui est autant une marque de respect. On trouve de nombreuses sortes de saluts y compris au sein d’un même art et qui peuvent s’effectuer au début d’un entrainement pour saluer l’enseignant, l’art martial, le dojo et/ou le fondateur du style ; durant le cours pour demander à un partenaire de s’entrainer avec lui ou le remercier de l’avoir fait, à la fin d’un cours…  Le salut n’est cependant pas le seul rituel des arts martiaux, l’échauffement qui prend place au début d’un entrainement au-delà de l’aspect purement physique revêt aussi un caractère symbolique car il permet de se préparer à la pratique martiale tant physiquement que psychologiquement. Enfin certains arts martiaux comme le sumo ou le kyudo ont un rituel très développé.

 

Au-delà du rituel, les arts martiaux possèdent d’autres signes distinctifs  comme des tenues qui leurs sont propres. On qualifie parfois ses tenues de folkloriques mais elles n’en restent pas moins une partie du patrimoine de l’art martial. Elles permettent de s’y identifier  sans pour autant « jouer à l’art martial » comme le diraient certains. Bien entendu, ces tenues ne sont pas nécessaires à la pratique d’un art martial, mais ces dernières font partie de l’histoire et du patrimoine de ce dernier et à ce titre leur disparition serait une perte pour les arts martiaux.

 

Un autre point qui, lui, est bien trop souvent ignoré d’un certain nombre de pratiquants même avancés, est l’histoire des arts martiaux et les légendes qui l’accompagnent. Chaque art martial possède une histoire qui lui est propre et qui recèle d’informations pour comprendre ce dernier. L’histoire des arts martiaux revêt une importance toute particulière et permet bien souvent de comprendre l’étude des armes qui nous semble très éloignée de notre réalité, la raison de certaines techniques qui aujourd’hui nous échappent ou même certains exercices pédagogiques. Cette histoire est elle aussi une part importante des arts martiaux qui permet bien souvent si l’on s’y attarde de mieux comprendre les techniques qui nous semblent inefficaces voir inutiles. De même, les arts martiaux sont porteurs de bon nombre de légendes bien souvent très fantasques qui sont souvent dénigrées par certains pratiquants. Mais ces légendes sont bien souvent d’une grande importance car elles permettent bien souvent d’apprécier l’aspect plus philosophique de l’art, et dans certains cas d’encourager le pratiquant à dépasser ses limites pour progresser.

 

 

Ce ne sont là que quelques exemples mais il apparait donc clairement que les arts martiaux sont un ensemble qui va bien au-delà de la simple question de l’efficacité ou l’inefficacité d’un art. Aussi des attitudes comme « si c’est bon je prends, et si ça ne l’est pas je le rejette », même venant d’un pratiquant haut gradé, semblent clairement inappropriées car éludant bon nombre d’aspects de l’art martial. On ne peut donc vraiment pas appréhender un art martial dans son ensemble en se basant uniquement sur son efficacité ou son corpus technique car chaque art martial semble être une entité culturelle.

 

 

Une autre vision des arts martiauxhttp://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/8/83/Korean_painting-Daekwaedo.jpg/220px-Korean_painting-Daekwaedo.jpg

Une nouvelle vision des arts martiaux impliquerait de ne plus considérer chaque art martial du point de vue de son efficacité comme c’est souvent le cas mais de les considérer comme des ensembles indivisibles de techniques et d’éléments culturels propres. Chaque art martial et chaque style apparait alors comme une entité culturelle propre et indépendante dont il faudrait assurer la continuité. Par entité culturelle, il faut comprendre que chaque art martial est une entité c’est-à-dire un ensemble propre, distinct des autres par un corpus technique, une histoire, des rituels, tenues… et existant indépendamment des autres arts martiaux. Cela n’exclut cependant pas l’influence que les arts martiaux ont eu les uns sur les autres, mais vise à démontrer que si par le passé deux arts martiaux ou deux styles ont eu des racines communes, leur évolution les a fait évoluer dans deux voies différentes.

 

L’aspect culturel de chaque entité vise le fait que chaque art martial et chaque courant est une part du patrimoine de l’humanité et comme dit plus haut, qu’il possède sa propre culture, sa propre histoire. Cette notion de culture vise aussi à prendre un certain recul quant à l’efficacité et à replacer l’art martial dans un certain contexte. Ainsi les enseignements des écoles de kenjutsu sont aujourd’hui très éloignés de la notion d’efficacité, or, ils sont les témoins de pratique d’une autre époque durant laquelle ils étaient efficaces. Ainsi, si aujourd’hui ces pratiques semblent complètement inutiles du point de vue de l’efficacité elles le furent à une autre époque. Il en va de même de certaines techniques ou modes d’entrainement. A ce titre on trouve les coups de pieds sautés vus plus haut, mais l’on trouve aussi les attaques sur la tête à main ouverte. Si de telles techniques en elles seules semblent loin de l’idée d’efficacité car éloignées de la réalité des combats, elles sont intéressantes pour étudier la défense contre des attaques avec certaines armes comme les bâtons ou les sabres qui sont beaucoup plus éloignées de notre vie actuelle que de l’époque durant laquelle elles furent créés.

 

Une telle vision des arts martiaux permettrait tout d’abord la préservation du savoir existant, l’extension de la culture martiale parmi les pratiquants et la diminution de nombre débats souvent infructueux sur l’efficacité de tel ou tel art martial. Mais un autre intérêt serait la reconnaissance des arts martiaux comme une partie du patrimoine de l’humanité par des instances comme l’UNESCO et de permettre le développement des arts martiaux de par le monde et de favoriser le développement de certains art martiaux méconnus. A ce titre certains arts martiaux ont déjà étés reconnus par de telles instances. Ce fut notamment le cas du taekkyon qui fut inscrit sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité en 2011par l’UNESCO ou l’enseignement de la Tenshin Shoden Katory Shinto ryu reconnu en 1960 patrimoine culturel immatériel par le ministère de la culture japonais.

 

Cette idée d’entité culturelle possède cependant une certaine faiblesse car elle prône un certain immobilisme de la pratique martiale. Cela se heurte tout d’abord à la volonté de bon nombre de pratiquants de rechercher l’efficacité avant tout, et d’un autre coté à la nature de l’homme qui veut que ce dernier doive laisser ca marque. A ce titre il est souvent critiqué dans le milieu des arts martiaux de se contenter d’enseigner sans rien apporter à ce qui nous a été enseigné. Cependant l’immobilisme que la détermination de l’art martial comme entité culturelle prône n’est que relatif. En effet le but de cette vision est de préserver les arts martiaux dans leur ensemble sans se soucier de l’efficacité de l’art martial. Cependant une telle vision ne s’oppose pas et au contraire encourage la création de nouvelles pratiques, de nouveaux styles. Ces nouvelles créations pourront non seulement permettre une évolution du monde des arts martiaux en l’adaptant au fil des époques, mais aussi permettre à ceux qui ont pratiqué plusieurs styles de manière approfondie de créer leur propre art qui deviendra une nouvelle entité culturelle.

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24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 20:27

Le lethwei était à l’origine une des formes sportive du bando, l’art martial birman. Ce dernier se composait semble-t-il de la pratique du combat à main nue appelé bando, d’une forme de lutte appelé naban, de la pratique des armes, le banshay, et du lethwei, la pratique pugilistique sportive. Aujourd’hui, le terme lethwei est de plus en plus utilisé à tort pour désigner le bando en général. Dans les faits, il semble que le lethwei tel qu’il est pratiqué aujourd’hui soit devenu une discipline indépendante du bando même s’il garde certains liens avec lui.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/b/bf/Lethwei-Elbow.jpg/499px-Lethwei-Elbow.jpgEntre modernité et tradition

Une pratique moderne…

À l’origine, les combats de lethwei étaient particulièrement violents et il n’y avait pour ainsi dire pas de règles. Il semble même qu’aux XIXème siècle, ces combats étaient plus violents que ceux de boxe thaï. Ils se déroulaient dans des cercles et étaient présidés par deux juges. Les combattants n’avaient pour seules protections que des bandages aux mains, une coquille faite avec une noix de coco et une lanière de cuir entre les dents.

À la suite de la colonisation, les contacts avec des sports occidentaux comme la boxe ont entraîné une modernisation de ce sport. Cette évolution est tout d’abord passée par l’introduction d’un ring, bien que des combats dans des cercles soient encore pratiqués dans des villages lors de certaines fêtes au XXIème siècle. Un autre élément de la modernisation de ce sport est l’adoption de protections modernes, notamment le port obligatoire de gants et de certaines protections basiques comme une coquille plus moderne, un protège-dent, des protège-chevilles et, dans certains cas, un casque. Les combats se font désormais par catégories et se déroulent en deux rounds très longs mais avec un temps de repos complet entre chaque round. Bien que les deux arbitres soient présents durant le match, la victoire est désormais décidée par un jury de six juges.

 

…mais fier de ses traditions

Bien que le lethwei ait été modernisé, il a gardé, au-delà de ses techniques, certaines traces de son origine, notamment au travers de deux rituels qui lui sont propres.

Le premier de ces rituels est le lethwei-yei, ou danse guerrière. Il s’agit pour le combattant d’exécuter avant son combat un aka, c’est-à-dire une forme, propre à son école. Cette danse est réalisée sur un fond de musique traditionnelle au rythme de laquelle le pratiquant doit adapter son exécution. Cette danse peut avoir deux significations. Soit elle est exécutée avant  le combat et, dans ce cas, elle aura pour but de démontrer les capacités du pratiquant ainsi que d’impressionner son adversaire et la foule. Le pratiquant pourra aussi être amené à la réaliser à nouveau en cas de victoire.

Un autre rituel pratiqué avant les combats de lethwei est le let khamaungnkhat. Il s’agit, pour le pratiquant, de montrer à son adversaire ainsi qu’à l’arbitre les parties de son corps qu’il utilisera durant le combat. Pour ce faire, il frappe cette partie avec sa main opposée. Rien n’oblige un pratiquant à utiliser toutes les armes à sa disposition lors d’un combat et cela peut varier d’une école à l’autre mais aussi en fonction de son niveau. Traditionnellement, on peut frapper avec neufs parties du corps : les deux poings, les deux coudes, les deux pieds, les deux genoux et le crâne. Ce type de coup est d’ailleurs l’une des spécificités de la boxe birmane et l’on ne les retrouve que dans très peu de pratiques martiales et à plus forte raison dans les sports de combats.

 

La pratique du lethwei

Les principes de la boxe birmane

La pratique du lethwei s’axe autour de trois grands principes qui reflètent l’essence de la boxe.

Le premier de ces principes concerne les frappes et dénote une certaine richesse stratégique de l’art. En effet, les frappes n’ont pas directement pour but de mettre un terme au combat. Dans un premier temps elles doivent s’exécuter sur les membres de l’adversaire et plus particulièrement sur les cuisses, les biceps et les autres muscles fortement sollicités. Le but est ici d’affaiblir l’adversaire avant d’en venir à bout. Cette stratégie d’érosion aura non seulement pour conséquence d’affaiblir sa garde mais ses frappes perdront aussi en efficacité.

La seconde stratégie concerne les projections. En effet, le lethwei, bien qu’il porte le nom de boxe birmane, est une pratique très complète qui comprend un certain nombre de projections et de ciseaux. Les projections dans ce sport doivent se faire de manière à ce que l’adversaire tombe le plus près possible afin de pouvoir directement enchaîner sur des frappes.

Le troisième principe permet pour sa part d’appréhender l’aspect plus traditionnel de la pratique. Il consiste à utiliser les techniques des animaux. En effet, le bando était un art que l’on pouvait qualifier de zoomorphique, c’est-à-dire qu’il s’inspirait des animaux. On compte traditionnellement neuf animaux à savoir le python, le cobra, la vipère, la panthère, le tigre, le buffle, le sanglier, le scorpion et l’aigle.

 http://ac.img.v4.skyrock.net/6812/53456812/pics/2165587341_small_1.jpg

Une boxe complète

Le lethwei est une pratique martiale très complète. Elle comprend tout d’abord l’utilisation de neuf armes – neuf parties du corps. On y retrouve, comme dit plus haut, les pieds, les mains, les coudes, les genoux et la tête. Les coups de pied, par exemple, peuvent autant concerner des coups de tibias que des coups de pieds à proprement parler. Le pratiquant apprendra à utiliser ses armes naturelles en fonction de la distance et l’on retrouve un grand nombre de techniques allant des coups de pied sautés aux coups de genoux en escalier en passant par les coups de coude retournés. Ces techniques sont dirigées vers des parties sensibles du corps humain pour une efficacité maximale.

Au-delà de ces techniques de frappe, la boxe birmane est très riche et comporte de nombreuses techniques d’étranglement et de saisie découlant notamment de l’étude du python, ainsi que des techniques de projections et de ciseaux que l’on retrouve dans les stratégies d’autres animaux tels la panthère et le tigre. On y trouve également des techniques de combat au sol provenant entre autres du système du buffle. 

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10 février 2013 7 10 /02 /février /2013 18:31

Le choix d’une pratique martiale est une chose importante. Elle engage le pratiquant pour une certaine durée ou au moins l’expose à un certain nombre de frais ne serais ce qu’aux cotisations pour adhérer à telle ou tel fédération. Aussi il convient de ne pas prendre ce choix à la légère. Le choix de telle ou telle discipline peut être facilité par un certain nombre de question.

 

Quelle est mon objectif ?

Apprendre à me défendre

Dans ce premier cas deux pratiques martiales sont conseillés. Les méthodes de self défense et les arts martiaux. Si les sports de combat peuvent aider, ils sont bien souvent beaucoup plus éloigné de la réalité que ces deux premières pratiques.

Le but des méthodes de self défense est justement l’apprentissage de technique de combat dans le but de faire face à  une agression le plus souvent physique mais aussi parfois morale. Il n’est pas ici vraiment question de philosophie ou de développement personnelle. Ces méthodes n’ont qu’un objectif apprendre à se défendre. Bien ses méthodes repose sur des techniques simple, parfois instinctives et  d’un apprentissage relativement rapide.

Les arts martiaux à l’inverse nécessiteront parfois une étude plus longue pour arriver à un résultat similaire au niveau du combat.  Cependant ces pratiques seront souvent plus complexes techniquement et comprendront un certain nombre de pratiques philosophiques permettant au pratiquant de se découvrir et de se construire tout au long de sa pratique.

 

Apprendre à me connaitre

On distingue ici deux situations. Dans une première situation il peut s’agir d’apprendre à connaitre les limites de son corps, de ses possibilités. Dans ce cas la pratique des sports de combat est tout indiqué car lors des compétitions qu’il s’agisse de casse, de kata ou de combat, le pratiquant découvrira et fera sans cesse progresser ses compétences martiales.

Dans  un deuxièmes cas il s’agit d’une démarche plus profonde qui vise à découvrir qui l’on est vraiment, à partir à la recherche de soi. Les arts martiaux sont alors le meilleur moyen d’arriver à cette fin et seront alors considéré comme une forme de méditation en mouvement. Dans ce cas certains disciplines comme le taiji quan ou le kyudo sont particulièrement indiqués même si tous les arts martiaux pourront remplir cet objectif.

 

Me défouler

Bien souvent les personnes commençant une pratique martiale le fond dans le but de se défouler sans forcément rechercher à être efficace dans un combat réelle. Il peut notamment choisir de se purger d’une certaine agressivité naturelle ou de faire le vide des soucis du quotidien. Dans ce cas les sports de combats sont la pratique la plus indiquée.

 

 

Devenir meilleur

Le fait de devenir meilleur peut être appréhendé sous 3 angles.

D’un point de vue purement physique il s’agit de se forger un corps, obtenir une meilleur endurance etc… dans ce cas, parmi les pratique martiale, la plus indiquée est celle des sports de combats mais aussi des arts martiaux dans une certaine mesure. Ceci est particulièrement vrai pour les arts martiaux dits externes faisant appel à une certaine force physique.

D’un point de vue martial, dans ce cas il faudra en général regarder le temps que l’on souhaite passer à pratiquer. Si l’on souhaite obtenir une meilleur efficacité rapidement dans un combat réel, dans ce cas les méthodes de self défense seront bien souvent à privilégier. Les arts martiaux eux sont tout aussi efficaces mais seront bien souvent beaucoup plus longs à intégrer du fait de leur plus grande complexité.

D’un point de vue philosophique. Il s’agit ici d’avoir une meilleur estime de soi, une meilleur confiance en soi… ou de chercher à s’améliorer à travers un certain code de conduite. Les arts martiaux sont alors tout indiqués. Si il s’agit d’avoir moins peur d’une agression dans ce cas les méthodes de self défense sont très efficace. La pratique des sports de combat est elle tout aussi indiqué que les arts martiaux quand il s’agit de permettre à une personne effacée de s’affirmer.

 

 http://golem13.fr/wp-content/uploads/2011/06/poutine-bd06.jpg

Est-ce que je souhaite être évalué ?

Dans le cadre d’une compétition

Certaines personnes souhaitent participer à une compétition soit pour évaluer leur niveau actuelle soit pour évaluer leur progression. Dans ce cas la pratique des sports de combat est vivement conseillée. Il est à noter qu’un certain nombre d’« art martiaux » intègre des formes de compétition allant de la compétition de combat à celle de kata ou de casse. La qualification d’arts martiaux pour ces pratiques est tout de même critiquable de mon point de vue mais ce n’est pas l’objet de cet article.

 

Sur ma progression technique

Il s’agit ici d’être évalué hors de cadre de compétition soit par des  examens internes au club soit organisé au niveau national. Bien que l’on retrouve ceci dans le cadre des arts martiaux et des sports de combat notamment avec l’obtention de ceintures et de dan, mais aussi via d’autres biais comme la couleur des gants en boxe ou le système des menkyo dans certains arts martiaux japonais, tous les arts martiaux et sports de combats ne délivrent pas de grade. Dans certains d’entre eux il n’y a pas non plus de réel examens.

 

Est-ce que je souhaite avoir des difficultés ?

La question est ici assez importante car elle permet de savoir si l’on souhaite une pratique qui nous correspond pleinement ou à l’inverse une pratique qui est aux antipodes de nos capacités actuelles.
par exemple si une personne est très rigide, elle aura plus de facilités dans certains arts martiaux comme le karaté ou le Muay thaï que dans des arts martiaux comme le taiji quan du style yang. Une personne corpulente aura elle un certain avantage dans les disciplines de lutte. Cependant quel que soient les capacités de chacun elles ne sont pas des facilités, et il peut d’ailleurs être très intéressant d’étudier un art martial qui est contraire à notre nature pour pouvoir évoluer. Ainsi alors que je suis une personne d’un naturelle assez raide et sec, j’ai eu l’occasion de pratiquer durant deux ans le taiji quan style yang qui m’a permis de développer ma souplesse et ma fluidité.

Bien entendu le revers de choisir une discipline qui nous est contraire est que l’on avance progresse beaucoup plus lentement. Il peut en résulter une certain frustration et un certaine découragement pouvant entrainer un arrêt de la pratique. 

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1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 21:39

 

P1020861Could you introduce yourself to our readers?

Hello. Let me first thank you for giving me the opportunity of expressing myself in your magazine.


Under the tutoring of Serge Merlet, I started aikido in 1999 at Belfort’s fighting School. It is also through him that I met Philippe Voarino who then became my teacher and from whom I received my second, third, fourth and fifth dan.


 I took part in the setting of International Takemusu Aikido Federation international and ITAF France, an association for which I mostly deal with the technical formation through training courses given in France. Each year, we set up training courses for teachers to continue and improve their technical and high level teaching skills to deal with a group. I also took part in the development of aikido takemusu, ITAF and Philippe Voarino’s teaching in diverse countries, China, Georgia and Malaisia among others. …


 To train teachers, I appeal to my professional skills.  I am a trainer for the BP JEPS in topics such as anatomy, psychology or pedagogy. I also have an MA in physical preparation specialized in preventing wounds and restarting trainings after a trauma. My MA-paper dealt with the making of an epidemiological survey about aikido.  I am very dear to safe practice and taking the human body into account in his totality. (physic as well as psychological)


Apart from aikido, I got the opportunity to try plenty of martial arts or fighting sports such as different styles of boxing (French, Thai….), systema, Krav Maga, Brasilian Jujutsu and some Japanese arts ( Shorinji Kempo, Katori Shinto Ryu, Karaté Kyokushinkai…)


And, even if some of those arts sound interesting, my time and investment are directed towards aikido which is self-sufficient and offers a sufficiently long and strict way not to dissipate

 

As someone practicing martial arts, how would you define them?

This is a thorny issue…. Many people have tried to answer this question, but there is still no real answer. I think I cannot offer a better answer than the others.  What is more, in France we try to understand the notion of martial arts to translate Bujutsu or Budo. It is sometimes possible to find in some interviews trying to define those notions ( bujutsu, budo, sin budo…)


I am not Japanese so I will always lack some subtleties to explain those notions in the best possible way. I only remember this notion, both budo and bujutsu share the prefix bu. The notion of bu refers to weapons and fight… My vision at the moment is as follows, what makes a budo and a bujutsu different is the place and the use we make of technique.


With bujutsu, technique is an aim, and the people practicing martial arts will gradually learn more and more efficient techniques. I will give you here an extract we can find on the website of the French group of Yagyu Shingan School :


« The Yagyu Shingan ( 生心) School is very hierarchical. Indeed, some techniques were taught to the Bushi 武士(warriors). The same techniques could be taught to the Samurai ()but on a higher level so that the Samurai could defend themselves against Bushi if  they attacked him. The same happens with Ninjas (忍者).  The Ninja is initiated to techniques superior to those of the Samurai. That way, he can defeat the Ninjas and make his information missions safely without being disturbed by samurais. Lastly, only Shogun wardens had access to all the techniques, and they should all remain secret as the Emperor’s life has to be protected in every circumstance!”


If for bujutsu, technique is a finality, for budo, technique is a strating point, a pre-requisite for other aims.

 


int08.jpgTo you, what is aikido?

A martial art (Laugh)… Aikido is a proposal… for Freedom. The notion of Takemusu sometimes translated as the ability to the spontaneous spurting of ideas in nothing less than a proposal of Freedom.


This freedom of the body and of the spirit takes technical tools called ikkyo, nikyo, kote gaeshi and irimi nage as pre-requisites…Aikido doesn’t offer the learning of techniques but uses them to achieve something far more important: Freedom.

This freedom will be achieved through renouncing to one’s own will, aikido is a universal art and those notions end up developed in the Tao. Freedom is the ability to create bounds with the world, with nature and with the instant through a state of consciousness called Wu Wei by Taoists.


Wu Wei is translated by « non-acting », the existing risk is to understand this as a passive action and to think aikido offers passivity. On the contrary, the notion of Wu Wei refers to the idea of total consciousness, of a perfect action led in accordance with nature’s dynamism. Wu Wei consists in “inner disponibility”, to be ad hoc, « here and now”.

At first, this might seem hermetic and far from practice, everything in the practice is made to achieve this state of practice.


When someone practicing martial arts starts in aikido, he will start by learning a first technique, and when he will turn to the second one, he will both learn the technical aspect and the link between both techniques.


Time passing, the person practising aikido will not have a catalogue of self-sufficient techniques but a coherent sum of techniques. The error in Aikido is to build one’s practice by thinking about technique. Technique is but a necessary pre-requisite to be able to start the study of aikido.


Lots of aikidoka will never start their way to the aiki with the aim of having a coherent sum of techniques. To achieve a technique correctly is important but is surely not an end on which an aikidoka should spend his whole life.

Repeat a technique for ten, twenty, thirty years or more will obviously enable to achieve it better and better, however, if attention keeps focused on it, the aikidoka will never be anyone else than a technique’s copier.


One must go beyond technique to strat entering the way of the aiki. However, I repeat it is essential to have an important foreknowledge of technique. We sometimes begin the study of Aikido after ten or twenty years of practice, and sometimes, we never do...

 


What makes aikido Takemusu different than other aikido schools ?

Firstly, let me be more precise about one thing. Takemusu Aiki is neither a school nor a way of practicing. Takemusu Aiki is a state, a physical and mental state one can achieve after a long time spent practicing. And if to that end we use methods and techniques, we try not to mix tools, consequences and aims of Aikido.


Nowadays, one can see lots of aikido currents developing themselves, some aiming at efficiency, some about loosening, and some about dynamics… Even if each of those offers a vision which is both important and interesting, they are all mistaken about the aim of aikido and reduce it to one of its components. Aikido doesn’t offer to be more supple or more efficient, aikido offers freedom. Efficiency, suppleness, dynamism… all of those will be at the core of an aikidoka‘s life They are elements accompanying aikido that each aikidoka will meet on his way as a consequence of practice and training.


 Depending on the person, those different aspects will not have the same order of appearance but none of those aspects will take over the other ones. An aikidoka doesn’t have to choose among all of those, he will be confronted to all of that whether he wants it or not on his way to aikido

If you then ask me why I think one should not speak about currents, I will answer this: to speak about currents equals speaking about the aspect which is put forward in aikido’s practice. As far as I am concerned, I try as much as possible to pay attention to this, not to mix up aikido’s aim and all the aspects an aikidoka will encounter.

 

 

Why has Takemusu separated herself from Iwama Ryu while both are coming from theint11.jpg teaching from Saito Sensei?

The answer is in the preceding answers. The Iwama Ryu group focusses on Master Saito’s method just as those who focused on the notion of loosening or efficiency….   Even if Master Saito’s work is fantastic and his method very rich, it remains only a tool to use and overcome. Aikido goes over method, loosening, efficiency; aikido goes over the name of a person even when as famous as Morihei Ueshiba. This is not a blasphemy I am doing; I only wish to put things back into their place.

 

Nowadays, it is frequent to read or to hear that Aikido does not exist anymore, died with its creator, that we can only do our best to practice aikido the aikido which pleases or suits us.

Aikido is the way to Freedom, if Morihei Ueshiba as lots of his pupils such as Morihiro Saito, Gozo Shioda, Koichi Tohei…. brought and set into motion important elements to follow that path. One should be careful not to see within the offered methods or techniques anything else than tools enabling us to study. Aikido, Takemusuj Aiki existed before O’Sensei Morihei Ueshiba and will still be there after us. We may only thank our ancestors to have left stones to show us the right route to be followed. In that sense, we must thank O’Sensei and his pupils for their work at every beginning and every end of the lesson.


But we shouldn’t be mistaken, believe and make our students believe that there is no such thing as aikido anymore… Today, thanks to the Internet, the openness of practice to the world and the ease with which we can cross thousands of kilometers,, we can access plenty of tools O Sensei and his pupils left for us. We should simply not forget they are only tools and certainly no “styles” of Aikido. Saint Exupéry wrote “Perfection is reached, not when there is nothing else to add, but when there is nothing else to take away”. One must forget about the will to make like x or y, one must quit shape and replace it by content..

 

A certain quantity of aikidokas estimate that, to understand Aikido properly, one day or the other, you would have to face Daito Ryu, the ancestor of Aikido. What do you think about it?

 It is an interesting question. Thank you for asking it. This question about Daito Ryu is important in the genealogy and understanding of Aikido. It reminds me of an interview by Olivier Gaurin explaining the only way to understand Aikido is through the study of Daito Ryu. Such an assertion leaves us smiling when knowing the latter published a book « understand Aikido » before starting to practice Daito Ryu…


Daito Ryu is a school whose practice is based on an important technical catalogue divided into different levels of study and complexity.


Again, I will answer to your question in the same way. Daito Ryu and people practicing it nowadays do it to find an efficiency they lost in their practice of Aikido.


Very often, those aikidokas search a false solution to a real problem. Aikido, focusing on diverse components of practice (loosening, efficiency, relationship to the others…) loses and forgets lots of technical details, time passing those techniques lose their efficiency. Instead of searching aikido techniques through methods who kept the technical aspect, aikidokas turn themselves to other arts which are no use for the practice of aikido.


I don’t say that such a practice as Daito Ryu is uninteresting but that his shapes are not the tools destined to walk towards freedom… in the same way the practice of a sword or jo school does not contain tools meant to lead to freedom. This is why it is an illusion to understand and walk along the path of the aiki through the mean of techniques brought by other schools, never mind how famous they are.


The freedom offered by Aikido is based on technical tools forming a unity and the efficiency of every movement is linked to his own specific technical points and links sewed into every technique.


 One day, my teacher told me that: « Be careful Matthieu, techniques are very close to each other and it has two consequences: the first one is that it might be possible to lose them and not to recognize the specificity of ikko regarding nikyo, kote gaeshi or kaiten nage… the second one is the key to freedom, techniques are so near to each other that it Is easy to swap from the one to the other. At the same time, it is the common points between all the techniques and the small differences making it possible to build a practice going beyond shape.”

This was to say it might be useful to take an interest into the techniques of Daito Ryu but not to understand and cover up a lack of techniques in aikido.  As interesting as the practice of Daito Ryu is, it is still Daito Ryu and the aim is to learn a technical catalogue. The aim of Daito Ryu is technique, in aikido, it is a pre-requisite to every other thing.

 


After Japan, France is the country where aikido is the most practised, what do you think about this ?

To be perfectly honest, I don’t think much about it (laughs) Quantity is not linked to quality.

 

int01.jpg

Aikido is often the prey to lots of critiques, and lots of other people practicing martial arts assert it is a game which cannot be used into a real-life fight. What do you think about it?

The matter of efficiency is a question which keeps showing up and lots of beginners or people practicing other martial arts consider aikido as a game or a dance. I think lots of things are taught under the name of aikido nowadays. As I explained earlier, some people practicing martial arts focus their research on notions such as dynamics, relations, loosening… Those people will never practice aikido and will never discover the main martial composant of aikido.

Aikido is a way on which the fully-involved aikidoka will discover-among others- how to be efficient in real condition.


One simply has to understand the following, in a practice like boxing, it is the kick which is efficient and the boxer trains to increase the power of the kick through reinforcement, physical preparation… In aikido, it is not technique which makes efficiency but the way you make it. And this takes time because, in a first place, you will need to learn the technique and improve it on different evolution scales. It will take time, as it would take time to the boxer to succeed in making an efficient straight…


I would prefer not to go further into this debate. I practiced various fighting sports and martial arts and met very powerful and strong people as opposed to very weak ones. I have trained with the navy seals; they are people to whom efficiency is always a priority. When you talk with them, it is the person and not the discipline who will be efficient. It sounds blatant, but it might be useful to remind it. As a consequence, it does not appear as a surprise that a person practicing martial arts not looking for efficiency, or rejecting the martial aspect, will never be efficient in a real situation.

 

 


int02.jpgA last question, what do you think about competitive practices, especially MMA ?

Practices focused on competition have the advantage of putting the person practicing an art under pressure and to make him face himself. At the training, it is always possible to put the blame on the partner, noise, lack of sleep… During a competition, never mind what happens, the result will be either victory or defeat. A competition is a good occasion to dress a bilan of one’s abilities.

 

However, a practice such as aikido cannot become a competitive practice and this is why it is an absolute necessity to invest oneself into every moment of practice without waiting for the next technique, the next partner, or the next training…

 

About MMA, I think they are brilliant sportsmen. They have a strong condition and mentality. But one shouldn’t make those sportsmen references in the field of efficiency. The confusion is quick and shortcuts are easy. MMA remains sports… There are rules, a definite space….  No matter how brutal and violent it might seem, it remains sports.

 

MMA, as every competition sport, aims at imposing its own will to others (opponents, jury…), no matter if it is to win a fight, an artistic skill, the aim is efficiency according defined rules and criteria. If aikido once becomes a competitive discipline, he will definitely lose his capacity to become a way to freedom. People practicing it will try to be as efficient as possible according to a list made to differentiate opponents and will be stuck in a very limited aspect of their practice.

 

 A last word ?

I would like to thank you for giving me the opportunity to express myself in your magazine. I would also like to thank my teacher Philippe Voarino for his patience and his non-ending researches and for sharing all of this throughout the years. I also thank everyone contributing to the development of ITAF and for the widespread of Takemusu Aiki in France and in other countries. Lastly, I would also like to thank people coming to meet me, to talk about and question my teaching, enabling me to improve.


Lastly, I will take advantage of this interview to announce some technical articles will follow it and will replace everything which has been said in a purely technical contest.

Thank you, see you soon.

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 15:08

 

http://2.bp.blogspot.com/_JCoiDu60pSE/TBFL9IEKVPI/AAAAAAAAAGg/nWm5pa-RNZ0/s1600/chojun%2520miyagi%2520sensei%2520(saifa%2520teaching).jpg

Les principes du goju-ryu

Entre le go et le ju

L’essence du karaté goju-ryu repose principalement sur l’alternance du go « dur » et du ju « souple ». La pratique du style reposera donc entièrement sur une alternance de ces deux principes qui semblent au premier abord totalement opposés.

On retrouve le coté dur notamment dans la pratique des endurcissements. Selon cette école le corps doit être capable de supporter des coups qui seront inévitables lors des combats, ainsi les élèves apprennent non seulement à parer les coups mais aussi à durcir la partie du corps qui sera frappée. Ceci est entre autre permis par l’étude du kata Sanchin. Durant ce kata l’élève réalisera ses techniques avec une forte contraction en bloquant ses articulations de manière à ce qu’elles puissent résister à des chocs. Pour les pratiquants plus avancés un autre pratiquant viendra effectuer des frappes plus ou moins prononcées sur les membres et la ceinture abdominale de celui qui exécute le kata de manière à vérifier sa contraction et à l’habituer à recevoir les coups. Ce type d’exercice permet aussi à l’élève d’apprendre à gérer sa respiration de manière à recevoir un coup en ressentant un minimum de douleur. Ces exercices ne sont pas les seuls visant à endurcir le corps et on retrouve un certain nombre d’ustensiles utilisés par l’école pour renforcer le corps des pratiquants.

Le travail de la goju-ryu n’est cependant pas limité à un travail musculaire dur. Par exemples les déplacements doivent êtres légers et les blocages souvent circulaires doivent êtres vifs, hors ceci n’est pas permis en cas de trop grande contraction musculaire. L’élève devra apprendre à passer d’un moment de contraction, comme lors de la réception d’un choc, à un moment de décontraction qui lui permettra de vite contre-attaquer. Un travail purement orienté sur le go ne permettrait pas au pratiquant d’obtenir vitesse et fluidité dans l’exécution de ses techniques, mais l’absence de go lui ferait manquer de résistance lors des chocs et de puissance. Ce sera donc au pratiquant de trouver son équilibre en alternant les deux temps.

 

Un art proche de ses origines

Contrairement à d’autres formes de karaté qui ont trouvé une certaine indépendance technique, le goju-ryu est resté très proche de ses origines et à ce titre on lui trouve bon nombre de similitudes avec les boxes du sud de la Chine. Tout d’abord on y trouve une recherche particulièrement importante de stabilité qui permet de dégager une grande puissance lors de l’exécution d’une technique. Si les positions peuvent être basses, elles ne doivent pas l’être de manière exagérée comme en karaté shotokan et restent souvent assez naturelles. La position de base est sanchin dachi et a pour avantage d’être une position très stable et protégeant l’entre-jambe. On retrouve des positions similaires dans de nombreux arts du sud de la Chine.

Autre similitude technique, les coups de pieds sont peu utilisés et principalement bas. Ces derniers ne sont pour ainsi dire jamais utilisés au-dessus de la ceinture et on en retrouve principalement deux dans le style. Le premier est mae-geri qui est le coup de pied de base de tous les styles de karaté. Le second kansetsu-geri est principalement utilisé par cette école. Il s’agit d’un coup de pied bas visant l’articulation du genou. Mais cette faible utilisation des membres inférieurs comme outil de frappe est compensé par un très large arsenal de frappes avec les membres supérieurs. Ainsi au-delà des poings sont aussi utilisés les piques de doigts, le tranchant de la main mais aussi les coudes et de nombreuses formes de poings. On retrouve aussi l’utilisation des frappes aux points vitaux et un large panel de techniques de projections et de clefs.

Un autre point important avec les arts martiaux chinois est l’importance donnée au travail de l’énergie interne. On retrouve ainsi de nombreux exercices respiratoires visant entre autre à développer le « ki ».

 

La pratique du goju-ryuhttp://www.traditionalfightingarts.com/history_goju-ryu_files/Miyagikyoda.gif

Un art complet

Le karaté goju-ryu apparait comme un art particulièrement complet, cet aspect est dû à la recherche d’efficacité et de réalisme qui font que cet art ne se limite pas à la compétition comme certains autres. C’est d’ailleurs dans cette optique que le pratiquant est amené à faire des exercices d’endurcissement. De plus, ce style de karaté comprend de nombreuses techniques de blocages, de projections, de balayages, de frappes et de clefs qui doivent permettre au pratiquant de pouvoir s’adapter en fonction de la situation.

Un autre point important de ce style est la très forte utilisation de mouvements circulaires notamment dans les blocages. Ceci doit permettre au pratiquant de pouvoir bloquer des coups exécutés par des adversaires disposant d’une plus grande force physique que lui en déviant ces coups plutôt qu’en les stoppant net. On retrouve aussi ce côté circulaire dans certaines frappes, ce qui doit permettre au pratiquant de contourner la garde de l’adversaire.

Une autre particularité du karaté goju-ryu est qu’il comprend des exercices de musculation avec des outils traditionnels, ces derniers sont là pour aider le pratiquant non seulement à obtenir plus de force mais aussi à endurcir son corps. Les outils utilisés pour ce type de musculation sont les suivants :

- les nigiri game : certainement des outils les plus connu. Il s’agit de deux jarres en terre cuite disposant d’un col large que l’on agrippe avec les doigts. Si au début les jarres sont vides par la suite on y ajoute chaque jour un peu de sable. Cet outil permet de développer les saisies ainsi que l’équilibre et le relâchement des épaules.

-les chishi : il est composé d’un manche en bois dont un des coté est encastré dans un bloc de ciment et pouvant peser entre 3 et 15 kilos.

-Les ishisachi : il s’agit d’une sorte d’altère en forme de cadenas. Parfois en ciment ils sont utilisés pour le travail des blocages et des frappes.

-le tan : bâton long en métal lesté de deux disques de fer à ces extrémités. On raconte qu’à l’ origine il s’agissait de l’essieu d’un train.

-Le kongoken : sorte d’anneau en métal de forme ovoïde mesurant environ 1,60 mètre et pouvant peser jusqu’à 60 kg

 

Les exercices

Les katas possèdent une importance toute particulière en goju-ryu. Ces derniers sont au nombre de 12 et comprennent l’ensemble des techniques du style et sont une part essentielle de l’entrainement. On retrouve dans nombre de ces derniers des similitudes avec les arts martiaux du sud de la Chine tant au niveau des postures que des techniques utilisées. On peut par exemple citer le kata  tensho qui, bien qu’il soit exécuté avec une forte contraction musculaire, semble posséder certains points communs avec la première forme du wing tsun. La position y est assez similaire et l’on y retrouve des mouvements de mains relativement proches bien que l’aspect général semble au premier abord assez différent.

Une fois que les étudiants ont une bonne connaissance de l’exécution du kata, vient le second temps de l’étude de ce dernier, le bunkaï. Cette pratique est en fait l’application des techniques du kata avec un partenaire, le but est d’alors comprendre les techniques présentes dans le kata. Dans l’enseignement traditionnel les bunkai et les katas étaient l’essentiel de la pratique en karaté.

Une des particularités du style réside cependant dans l’exercice appelé kakie. Il s’agit ni plus ni moins que d’un exercice des poussées de mains semblable au tuishou présent dans de nombreux arts martiaux chinois.

On retrouve en plus de ces enseignements une forme de combat le jiu kumite. Ce dernier a été introduit par Gogen Yamaguchi dans les années 1930 pour permettre aux pratiquants de s’entrainer au combat en limitant les risques. 

 

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