Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 20:27

Le lethwei était à l’origine une des formes sportive du bando, l’art martial birman. Ce dernier se composait semble-t-il de la pratique du combat à main nue appelé bando, d’une forme de lutte appelé naban, de la pratique des armes, le banshay, et du lethwei, la pratique pugilistique sportive. Aujourd’hui, le terme lethwei est de plus en plus utilisé à tort pour désigner le bando en général. Dans les faits, il semble que le lethwei tel qu’il est pratiqué aujourd’hui soit devenu une discipline indépendante du bando même s’il garde certains liens avec lui.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/b/bf/Lethwei-Elbow.jpg/499px-Lethwei-Elbow.jpgEntre modernité et tradition

Une pratique moderne…

À l’origine, les combats de lethwei étaient particulièrement violents et il n’y avait pour ainsi dire pas de règles. Il semble même qu’aux XIXème siècle, ces combats étaient plus violents que ceux de boxe thaï. Ils se déroulaient dans des cercles et étaient présidés par deux juges. Les combattants n’avaient pour seules protections que des bandages aux mains, une coquille faite avec une noix de coco et une lanière de cuir entre les dents.

À la suite de la colonisation, les contacts avec des sports occidentaux comme la boxe ont entraîné une modernisation de ce sport. Cette évolution est tout d’abord passée par l’introduction d’un ring, bien que des combats dans des cercles soient encore pratiqués dans des villages lors de certaines fêtes au XXIème siècle. Un autre élément de la modernisation de ce sport est l’adoption de protections modernes, notamment le port obligatoire de gants et de certaines protections basiques comme une coquille plus moderne, un protège-dent, des protège-chevilles et, dans certains cas, un casque. Les combats se font désormais par catégories et se déroulent en deux rounds très longs mais avec un temps de repos complet entre chaque round. Bien que les deux arbitres soient présents durant le match, la victoire est désormais décidée par un jury de six juges.

 

…mais fier de ses traditions

Bien que le lethwei ait été modernisé, il a gardé, au-delà de ses techniques, certaines traces de son origine, notamment au travers de deux rituels qui lui sont propres.

Le premier de ces rituels est le lethwei-yei, ou danse guerrière. Il s’agit pour le combattant d’exécuter avant son combat un aka, c’est-à-dire une forme, propre à son école. Cette danse est réalisée sur un fond de musique traditionnelle au rythme de laquelle le pratiquant doit adapter son exécution. Cette danse peut avoir deux significations. Soit elle est exécutée avant  le combat et, dans ce cas, elle aura pour but de démontrer les capacités du pratiquant ainsi que d’impressionner son adversaire et la foule. Le pratiquant pourra aussi être amené à la réaliser à nouveau en cas de victoire.

Un autre rituel pratiqué avant les combats de lethwei est le let khamaungnkhat. Il s’agit, pour le pratiquant, de montrer à son adversaire ainsi qu’à l’arbitre les parties de son corps qu’il utilisera durant le combat. Pour ce faire, il frappe cette partie avec sa main opposée. Rien n’oblige un pratiquant à utiliser toutes les armes à sa disposition lors d’un combat et cela peut varier d’une école à l’autre mais aussi en fonction de son niveau. Traditionnellement, on peut frapper avec neufs parties du corps : les deux poings, les deux coudes, les deux pieds, les deux genoux et le crâne. Ce type de coup est d’ailleurs l’une des spécificités de la boxe birmane et l’on ne les retrouve que dans très peu de pratiques martiales et à plus forte raison dans les sports de combats.

 

La pratique du lethwei

Les principes de la boxe birmane

La pratique du lethwei s’axe autour de trois grands principes qui reflètent l’essence de la boxe.

Le premier de ces principes concerne les frappes et dénote une certaine richesse stratégique de l’art. En effet, les frappes n’ont pas directement pour but de mettre un terme au combat. Dans un premier temps elles doivent s’exécuter sur les membres de l’adversaire et plus particulièrement sur les cuisses, les biceps et les autres muscles fortement sollicités. Le but est ici d’affaiblir l’adversaire avant d’en venir à bout. Cette stratégie d’érosion aura non seulement pour conséquence d’affaiblir sa garde mais ses frappes perdront aussi en efficacité.

La seconde stratégie concerne les projections. En effet, le lethwei, bien qu’il porte le nom de boxe birmane, est une pratique très complète qui comprend un certain nombre de projections et de ciseaux. Les projections dans ce sport doivent se faire de manière à ce que l’adversaire tombe le plus près possible afin de pouvoir directement enchaîner sur des frappes.

Le troisième principe permet pour sa part d’appréhender l’aspect plus traditionnel de la pratique. Il consiste à utiliser les techniques des animaux. En effet, le bando était un art que l’on pouvait qualifier de zoomorphique, c’est-à-dire qu’il s’inspirait des animaux. On compte traditionnellement neuf animaux à savoir le python, le cobra, la vipère, la panthère, le tigre, le buffle, le sanglier, le scorpion et l’aigle.

 http://ac.img.v4.skyrock.net/6812/53456812/pics/2165587341_small_1.jpg

Une boxe complète

Le lethwei est une pratique martiale très complète. Elle comprend tout d’abord l’utilisation de neuf armes – neuf parties du corps. On y retrouve, comme dit plus haut, les pieds, les mains, les coudes, les genoux et la tête. Les coups de pied, par exemple, peuvent autant concerner des coups de tibias que des coups de pieds à proprement parler. Le pratiquant apprendra à utiliser ses armes naturelles en fonction de la distance et l’on retrouve un grand nombre de techniques allant des coups de pied sautés aux coups de genoux en escalier en passant par les coups de coude retournés. Ces techniques sont dirigées vers des parties sensibles du corps humain pour une efficacité maximale.

Au-delà de ces techniques de frappe, la boxe birmane est très riche et comporte de nombreuses techniques d’étranglement et de saisie découlant notamment de l’étude du python, ainsi que des techniques de projections et de ciseaux que l’on retrouve dans les stratégies d’autres animaux tels la panthère et le tigre. On y trouve également des techniques de combat au sol provenant entre autres du système du buffle. 

Partager cet article

Repost 0
Published by l-art-de-la-voie - dans articles
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : L'art de la voie
  • : Si le site l’art de la voie n’était là à l’origine que pour vous permettre d’accéder au magazine ce n’est plus le cas. Vous y trouverez des articles en avant premières et d’autres inédits mais aussi le zapmartial qui vous permettra de vous détendre entre deux entrainements ainsi que des liens vers d’autres sites et la page facebook l’art de la voie où vous pourrez suivre l’actualité de votre magazine et participer à des débats passionnés sur votre pratique martiale.
  • Contact

Recherche

Créer un blog gratuit sur overblog.com - Contact - CGU -